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L’enseignement des sciences économiques et sociales dans la réforme du lycée

mercredi 4 novembre 2009 par Robert Navarro

Question n° 10845 adressée à M. le ministre de l’éducation nationale

À publier le : 12/11/2009

Texte de la question :

M. Robert Navarro attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur la place qui est faite aux sciences économiques et sociales (SES) dans le projet de réforme du lycée. Le projet actuel cantonne les sciences économiques et sociales à un statut optionnel « d’enseignement d’exploration », restreint à un enseignement d’1h30 par semaine en classe de seconde, c’est-à-dire un horaire en recul de près de 50% par rapport à l’offre actuelle.

Cette dernière est pourtant déjà reconnue comme insuffisante : jusqu’à présent, les SES font partie des options de détermination, à raison de 2h30 par semaine par élève, dont œ heure en demi-groupe. 43% des élèves de seconde suivent l’option SES actuellement. Cette situation, qu’il perçoit comme une véritable relégation, apparaît non seulement incohérente en termes d’orientation, mais surtout absurde pour la formation citoyenne des lycéens. Il défend une orientation qui soit plus ouverte, plus progressive et plus juste qui devrait au moins permettre à tous les élèves de seconde de s’approprier les disciplines majeures de la série qu’ils seront amenés à choisir. Savoir si l’on souhaite intégrer la série littéraire est plus aisé lorsqu’on connaît les lettres et les langues depuis de nombreuses années ; de même pour la série scientifique avec les mathématiques, les sciences de la vie et de la terre ou les sciences physiques.

Mais comment procéder à un choix éclairé d’orientation en fin de seconde si la matière principale de la série économique et sociale (ES) n’a été abordée que par une minorité d’élèves ? Proposer que sur les sept années que compte le second degré, au moins une comprenne un enseignement annuel obligatoire de sciences économiques et sociales est le minimum que l’on puisse attendre d’une orientation ouverte et d’une formation citoyenne complète.

Il trouve incompréhensible cette relégation des sciences économiques pour la formation citoyenne des lycéens. Il considère que les SES sont une discipline qui donne des clés de compréhension aux lycéens concernant les principaux enjeux économiques et sociaux contemporains en mobilisant principalement les apports de la science économique, de la sociologie et de la science politique. Les élèves travaillent ainsi sur des sujets aussi divers que la mondialisation, l’entreprise, le marché, le financement de l’économie, l’égalité des chances, la mobilité sociale, les conflits sociaux, la croissance économique, le chômage, l’organisation du travail, les évolutions de la famille, les inégalités hommes-femmes, l’intégration sociale...

Comment peut-on imaginer que les lycéens actuels soient privés d’une discipline indispensable à la compréhension de la société dans laquelle ils vivent et donc à la formation de citoyens éclairés ? Il considère également que cette relégation des SES est d’autant plus incompréhensible qu’elle entre en contradiction avec les engagements passés de M. Xavier Darcos, alors ministre de l’éducation nationale, qui avait annoncé, il y a moins d’un an, la généralisation de l’enseignement des sciences économiques et sociales en seconde, reconnaissant que la crise actuelle et, plus généralement la complexité croissante des sociétés dans lesquelles nous vivons avaient montré combien la compréhension des mécanismes économiques et sociaux était essentielle pour de futurs citoyens. Au moment où se construit le lycée du XXIe siècle, il souhaite que tous les lycéens puissent suivre, au moins en classe de seconde, un enseignement annuel et obligatoire de sciences sociales, et souhaite connaître sa position sur cette question.



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